Le stoïcisme est souvent réduit à « ne rien ressentir ». C’est une mauvaise lecture. Les stoïciens s’intéressent surtout à la manière dont nous jugeons une situation, aux actions qui relèvent de nous et à la façon de vivre avec ce que nous ne maîtrisons pas. Cette distinction peut être utile dans une vie où beaucoup d’énergie part dans la lutte contre des contraintes déjà présentes.

Ce qui dépend de soi n’est pas « tout est dans la tête »

Un environnement bruyant, une discrimination, une maladie ou une difficulté exécutive ne disparaissent pas par décision. Le travail stoïcien porte sur la réponse possible dans la marge réellement disponible.

Préparer plutôt que contrôler

On peut préparer une réunion, demander des informations à l’avance ou prévoir une solution de repli. On ne peut pas garantir le comportement des autres. Cette séparation évite de confondre préparation et contrôle total.

Un risque de mauvaise lecture

Utiliser le stoïcisme pour demander à quelqu’un d’endurer sans protester détourne la philosophie. Accepter qu’un fait existe ne signifie pas renoncer à agir pour changer ce qui peut l’être.

Un exercice simple

Prendre une situation qui tourne en boucle et écrire trois colonnes, ce qui est déjà arrivé, ce que l’on peut encore faire, ce qui dépend désormais d’autrui, suffit à tester la distinction stoïcienne. L’intérêt de l’exercice vient de la décision qui suit, pas de la capacité à rester impassible.

Ce que le stoïcisme ne demande pas

Il ne demande pas de nier une surcharge, de rester dans un environnement nocif ou de considérer toute souffrance comme une erreur de jugement. La philosophie peut aider à décider où placer son action. Elle ne remplace ni une compensation du handicap, ni un soin, ni la possibilité de quitter une situation qui abîme.

Ce que cette lecture peut apporter

Le stoïcisme est souvent présenté comme une méthode pour devenir impassible, alors que les textes s’intéressent surtout aux jugements, aux actions et à la manière de vivre avec ce qui échappe à notre pouvoir. Pour un adulte TSA ou TDAH, l’intérêt éventuel est de distinguer une contrainte réelle d’une bataille mentale inutile, sans nier le handicap ni demander de supporter un environnement nocif.

Revenir au texte plutôt qu’aux citations isolées

Dans le cas du stoïcisme dans la vie quotidienne, les réseaux sociaux détachent facilement une phrase de son œuvre et la transforment en conseil universel. Une lecture plus intéressante replace l’idée dans le problème auquel l’auteur répond. Épictète , Montaigne ou Spinoza ne défendent pas exactement les mêmes conceptions de la liberté, des émotions ou du désir. Les rapprocher d’une situation actuelle demande donc un minimum de contexte et l’acceptation qu’un texte puisse résister à l’usage que l’on voulait en faire.

Questions fréquentes

Faut-il lire les œuvres entières pour commencer ?

Non. Pour aborder le stoïcisme dans la vie quotidienne, quelques pages bien choisies et une édition fiable suffisent souvent. Le plus important est de comprendre la question examinée par l’auteur et le sens de son argument. Une citation détachée de son contexte donne rarement la même chose qu’une lecture, même courte, du texte lui-même.

Ces lectures peuvent-elles remplacer un accompagnement ?

Non. Le stoïcisme dans la vie quotidienne peut nourrir une réflexion sur une manière de vivre, un choix ou un rapport aux événements. Cette lecture ne pose aucun diagnostic et ne traite ni le TSA, ni le TDAH, ni un trouble psychique. Son intérêt reste philosophique et répond à d’autres questions que la médecine ou la psychologie clinique.

À lire aussi

Sources et lectures