Cette prépublication, qui n’a pas été évaluée par les pairs , explore la manière dont des adolescents autistes ou TDAH ayant une humeur dépressive, une dépression ou un épuisement vivent l’école secondaire ordinaire. Leurs récits associent leur souffrance à des exigences répétées d’adaptation aux attentes neurotypiques, dans un cadre perçu comme peu flexible.
Les chercheurs ont réalisé des entretiens semi-directifs menés en ligne auprès de 22 jeunes de 11 à 16 ans au Royaume-Uni. Le protocole, la conduite des entretiens et l’analyse ont été menés avec de jeunes cochercheurs neurodivergents. Les réponses ont fait l’objet d’une analyse thématique réflexive, une méthode qualitative destinée à dégager des motifs récurrents dans les récits.
À partir de ces entretiens, cinq thèmes ont été dégagés . Ils concernent une culture scolaire privilégiant la discipline au bien-être, le manque de pratiques informées sur la neurodivergence, la dissimulation de soi, l’épuisement accompagné d’hypervigilance, puis l’humeur dépressive et la dépression. Les participants évoquent aussi la pression académique, les systèmes punitifs ainsi que la surcharge sensorielle et sociale.
Le masquage, qui consiste ici à cacher ou réprimer certains traits pour répondre aux attentes, était décrit comme une manière de tenir dans cet environnement. Les récits l’associaient à l’épuisement, au retrait, à l’anxiété et aux blocages cognitifs. Pour les auteurs, un décalage avec l’environnement scolaire et la pression à s’adapter participent à une charge émotionnelle durable. Ils appellent à placer les perspectives des élèves neurodivergents au premier plan des réponses éducatives et de santé mentale.
L’étude en bref
- Type d’étude
- Étude qualitative coproduite, fondée sur des entretiens semi-directifs et une analyse thématique réflexive.
- Population
- 22 adolescents autistes et/ou TDAH âgés de 11 à 16 ans, scolarisés ou anciennement scolarisés dans des établissements secondaires ordinaires au Royaume-Uni.
À retenir
Les récits recueillis associent l’inflexibilité scolaire, les surcharges, le masquage et les attentes d’adaptation à l’épuisement et à une santé mentale dégradée, sans permettre d’établir un lien causal.