Cette prépublication examine les liens entre l’adhésion à l’idéologie incel et plusieurs attitudes ou caractéristiques individuelles chez des hommes issus de la population générale. Le terme incel renvoie ici à une communauté de personnes se définissant comme célibataires involontaires. Comme toute recherche encore préliminaire , elle n’a pas encore été évaluée par les pairs.

Dans la première étude, menée auprès de 65 hommes, des niveaux plus élevés de misogynie et d’autoritarisme de droite étaient associés à une plus forte adhésion à l’idéologie incel. Des associations statistiques contrastées ressortent . L’orientation à la dominance sociale, une mesure d’attitudes envers les hiérarchies entre groupes, était pour sa part négativement associée à cette adhésion.

La seconde étude portait sur 282 hommes. Les expériences traumatiques durant l’enfance, la sensibilité sociale et sensorielle et le traitement monotropique, deux dimensions de traits autistiques examinées par les auteurs, étaient positivement associés aux traits incel. La misogynie médiatisait statistiquement ces liens . Cela décrit un schéma d’associations dans les données, sans démontrer un mécanisme causal.

Les hommes s’identifiant eux-mêmes comme incels obtenaient aussi des scores plus élevés pour les traits incel, la misogynie, les expériences traumatiques infantiles et la sensibilité sociale et sensorielle. Ils ne différaient pas des non-incels pour le traitement monotropique. Aucune causalité n’est établie . Les auteurs estiment que ces résultats pourraient contribuer à des programmes de prévention ou d’accompagnement du départ de cette communauté.

L’étude en bref

Type d’étude
recherche exploratoire comportant deux études d’association menées dans des échantillons communautaires
Population
Deux échantillons communautaires masculins, comprenant respectivement 65 et 282 participants.
À retenir

Dans ces deux échantillons masculins, certaines dimensions de traits autistiques et des expériences traumatiques infantiles étaient associées aux traits incel, avec une médiation statistique par la misogynie, sans permettre d’inférer une causalité.