Des données issues de deux grandes cohortes, la Millennium Cohort Study et ALSPAC, ont été examinées pour suivre des symptômes de santé mentale de l’enfance à l’adolescence. Les chercheurs se sont intéressés aux symptômes intériorisés, comme ceux liés à l’anxiété ou à l’humeur, et externalisés, qui renvoient notamment à des difficultés comportementales. Les associations restent globalement stables entre 5 et 17 ans, selon leur analyse longitudinale.
L’étude porte à la fois sur des variantes génétiques fréquentes et sur des variantes rares potentiellement délétères affectant des régions codantes. Pour les variantes fréquentes, les auteurs ont utilisé des indices polygéniques, des scores qui regroupent de très nombreuses variations associées dans d’autres travaux à un trait ou à un trouble. Les effets observés sont modestes , même lorsque les associations sont statistiquement très marquées.
Les liens les plus élevés concernent les indices polygéniques relatifs au TDAH et aux comportements externalisés, associés aux symptômes externalisés. Les modèles réalisés au sein des familles apportent, d’après les auteurs, des éléments en faveur d’effets génétiques directs, surtout pour les symptômes externalisés. Une réplication a aussi été observée dans la cohorte Born in Bradford.
Une charge plus importante de variantes rares délétères était également associée à davantage de symptômes intériorisés et externalisés. Les variantes communes et rares semblaient contribuer de façon indépendante. Ensemble, elles expliquaient environ 2 % de la variation des symptômes intériorisés et 5 à 7 % de celle des symptômes externalisés. La génétique ne résume donc pas à elle seule la diversité des trajectoires de santé mentale durant l’enfance et l’adolescence.
- Type d’étude
- Analyse longitudinale d’associations génétiques menée dans des cohortes, incluant des modèles intra-familiaux.
- Population
- Participants de la Millennium Cohort Study et d’ALSPAC, suivis entre 5 et 17 ans. Données de génotypage disponibles pour 4 709 à 6 687 personnes et données de séquençage de l’exome pour 4 500 à 5 424 personnes, selon les analyses.
Cette étude associe des variations génétiques communes et rares à des symptômes de santé mentale chez les jeunes, mais les proportions de variation expliquées par ces facteurs restent limitées.
