Le tempérament observé dans les premières années ne se résume pas à une mesure isolée. À partir d’une vaste cohorte norvégienne, les chercheurs ont suivi des caractéristiques tempéramentales à 1 an et demi, 3 ans et 5 ans. Leur point de départ est que le tempérament évolue avec l’âge , et qu’une évaluation unique ne restitue pas cette évolution.

L’équipe a estimé, pour chaque enfant, une trajectoire attendue puis les écarts individuels à cette trajectoire. Ces écarts ne désignent pas en eux-mêmes un trouble. Ils ont été analysés en lien avec des diagnostics psychiatriques survenus durant l’enfance et l’adolescence. Deux dimensions transdiagnostiques sont apparues , c’est-à-dire qu’elles reliaient ces écarts à plusieurs catégories diagnostiques plutôt qu’à une seule.

Un score plus élevé sur la première dimension était associé à un risque ultérieur plus élevé de diagnostic de TDAH, avec un hazard ratio de 1,54. Un score élevé sur la seconde était associé à un risque plus élevé de diagnostic de syndrome d’Asperger, avec un hazard ratio de 1,64. Ces résultats décrivent des associations , sans établir que les trajectoires de tempérament causent les diagnostics.

Les auteurs ont aussi réalisé des analyses génétiques longitudinales afin de rechercher des régions génétiques partagées avec les diagnostics associés. Certains effets génétiques se renforçaient avec l’âge, tandis que d’autres s’atténuaient. Les auteurs estiment que un suivi fondé sur les trajectoires pourrait contribuer à repérer des enfants présentant un risque psychiatrique plus élevé. Le résumé ne permet pas d’en déduire les modalités ni l’utilité clinique d’un tel suivi.

L’étude en bref

Type d’étude
Étude de cohorte longitudinale avec modélisation des trajectoires de tempérament et analyses d’association génétique
Population
Plus de 50 000 enfants de la Norwegian Mother, Father and Child Cohort Study
À retenir

Dans cette cohorte, des écarts précoces aux trajectoires de tempérament attendues étaient associés à des diagnostics ultérieurs de TDAH ou de syndrome d’Asperger, avec des signaux génétiques partagés rapportés par les auteurs.