L’anorexie mentale ne se résume pas au poids ou à l’alimentation. Dans la cohorte CREAT, les chercheurs ont étudié des jumeaux monozygotes discordants pour ce trouble, c’est-à-dire des jumeaux génétiquement identiques dont un seul avait connu une anorexie mentale au cours de sa vie. Cette configuration aide à distinguer des caractéristiques possiblement liées à l’histoire familiale de celles qui diffèrent au sein d’une même paire.
Les jumeaux ayant eu une anorexie mentale, pour la plupart dont le poids était restauré et qui n’étaient pas dans une phase aiguë, présentaient davantage de perfectionnisme, de tendance à poursuivre leurs objectifs, de neuroticisme, d’inhibition comportementale et d’impulsivité. L’étude rapporte aussi davantage de symptômes autistiques , de symptômes psychiatriques plus larges, ainsi qu’une qualité de vie plus basse et des antécédents de moqueries.
Dans les comparaisons au sein des paires discordantes, le perfectionnisme, la tendance à poursuivre des objectifs et les moqueries visant les compétences ressortent comme des facteurs individuels candidats associés à l’anorexie mentale. Les auteurs signalent également des associations possibles avec l’impulsivité, l’inhibition comportementale, le neuroticisme, d’autres symptômes psychiatriques et les symptômes autistiques. Ces résultats ne permettent pas de dire que ces facteurs provoquent le trouble.
Les jumeaux non concernés se situaient souvent entre leur co-jumeau concerné et les témoins sur plusieurs mesures. Ce profil est compatible avec une vulnérabilité familiale partagée , tandis que certaines différences pourraient relever d’influences propres à chaque personne. Les auteurs présentent ainsi l’anorexie mentale comme multifactorielle et prévoient des travaux biologiques, d’imagerie cérébrale, endocrinologiques et sur le microbiote.
- Type d’étude
- Étude observationnelle comparative incluant des analyses entre groupes et au sein de paires de jumeaux monozygotes discordants.
- Population
- 44 personnes issues de paires de jumeaux monozygotes discordantes pour une anorexie mentale au cours de la vie, et 42 personnes issues de paires de jumeaux monozygotes témoins.
Chez des jumeaux monozygotes, plusieurs caractéristiques psychologiques et expériences rapportées sont associées à une histoire d’anorexie mentale, dans un tableau compatible à la fois avec une vulnérabilité familiale et des influences individuelles.
