Parmi 107 adolescents autistes âgés de 12 à 20 ans, reçus dans une consultation spécialisée de psychiatrie, 21,5 % répondaient aux critères diagnostiques de catatonie. Ce syndrome psychomoteur peut modifier les mouvements, l’activité ou la parole. Son repérage reste difficile dans l’autisme en raison d’un chevauchement possible des manifestations cliniques .
Le diagnostic reposait sur les critères du DSM-5 et sur l’échelle de catatonie de Bush-Francis. Les chercheurs ont aussi évalué la sévérité de l’autisme, les comportements répétitifs, l’anxiété et les symptômes dépressifs. Les manifestations les plus souvent rapportées comprenaient les stéréotypies, l’impulsivité, l’écholalie, les répétitions verbales et des épisodes d’agitation ou excitation .
La catatonie était associée au sexe féminin, à une plus grande sévérité de l’autisme, aux symptômes dépressifs et à l’anxiété de séparation. Le groupe concerné présentait également des scores plus élevés pour les difficultés relationnelles, les comportements stéréotypés et la dépression. Dans l’analyse statistique ajustée, deux facteurs restaient associés à la catatonie, le sexe féminin et une anxiété de séparation cliniquement significative.
Ces résultats décrivent une population suivie dans un centre tertiaire et ne démontrent pas que les facteurs relevés causent la catatonie. Les « prédicteurs » désignent ici des variables associées dans un modèle statistique, et non une évolution observée dans le temps. Les auteurs estiment que leurs données soutiennent un dépistage davantage ciblé dans les populations autistes, notamment chez les filles et en présence d’anxiété de séparation.
- Type d’étude
- Étude observationnelle menée dans une consultation tertiaire de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, avec comparaisons de groupes, analyses de corrélation et régression logistique.
- Population
- 107 adolescents autistes âgés de 12 à 20 ans, évalués dans une consultation tertiaire de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent.
Dans cet échantillon clinique, la catatonie concernait 21,5 % des participants et était statistiquement associée notamment au sexe féminin et à une anxiété de séparation cliniquement significative.
