Cette étude qualitative s’intéresse à la manière dont 39 parents, autistes ou non autistes, comprennent les comportements de leur enfant autiste pouvant causer des blessures à soi-même, à autrui ou des dommages matériels. Les auteurs ont analysé leurs entretiens par analyse thématique réflexive, une méthode qui organise les récits en motifs récurrents .
Les parents décrivaient des automutilations, des comportements suicidaires et des violences physiques envers les parents, la fratrie ou les biens. Ils ne tenaient pas nécessairement leur enfant pour responsable. Beaucoup interprétaient ces épisodes comme le signe d’une détresse intense ou d’une dysrégulation, c’est-à-dire d’une difficulté marquée à réguler son état.
Pendant les crises, la sécurité de toute la famille devenait prioritaire. Les personnes interrogées rapportaient pourtant disposer de peu d’options et recevoir peu, voire pas, de soutien . Ce manque de soutien systémique entravait, selon leurs récits, leurs efforts pour protéger l’enfant, les proches et les biens.
L’impact rapporté sur la santé mentale parentale comprenait l’impuissance, le deuil, la culpabilité et la peur de l’avenir. Les auteurs appellent à parler plus ouvertement de ces comportements dans une perspective respectueuse de la neurodiversité, ainsi qu’à développer des soutiens adaptés aux parents et aux familles. Ces résultats rendent compte d’expériences vécues, sans établir qu’un comportement produit à lui seul ces difficultés psychiques.
- Type d’étude
- Étude qualitative fondée sur 39 entretiens, analysés par analyse thématique réflexive.
- Population
- 39 parents autistes et non autistes d’enfants autistes.
Les parents interrogés associaient ces périodes de crise à une forte détresse de leur enfant, à un soutien insuffisant et à des difficultés importantes pour leur propre santé mentale.
