En Norvège, des données concernant 70 102 enfants de l’étude Mother, Father and Child Cohort Study ont été reliées aux informations du registre national des patients. une vaste cohorte norvégienne permet ainsi de comparer les réponses parentales sur l’attention, les usages linguistiques et les diagnostics de TDAH enregistrés.

Les enfants multilingues recevaient des évaluations parentales plus élevées pour les difficultés attentionnelles que leurs pairs monolingues. Mais des écarts entre mesures apparaissent dans les résultats, puisque la fréquence des diagnostics de TDAH ne différait pas significativement selon le multilinguisme ou la langue maternelle des parents. Les questionnaires parentaux utilisés évaluent donc peut-être différemment les difficultés selon les contextes linguistiques et culturels.

Les auteurs signalent aussi des indices de sous-diagnostic possible chez des enfants dont les mères viennent d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, d’Asie du Sud-Est, d’Asie de l’Est ou d’Océanie. Chez les filles ayant une mère parlant une langue maternelle autre que le norvégien, un diagnostic plus tardif de TDAH a été observé par rapport aux filles dont la mère est locutrice native du norvégien.

Ces résultats ne permettent pas d’établir la raison de ces différences. Ils amènent les chercheurs à interroger la validité des questionnaires parentaux et la qualité globale des évaluations dans ces situations. des outils sensibles aux contextes linguistiques et culturels sont évoqués par les auteurs, dans un système où des inégalités pourraient affecter certains enfants.

L’étude en bref

Type d’étude
Étude de cohorte fondée sur des questionnaires parentaux et un appariement avec des données de registre.
Population
70 102 enfants participant à la Norwegian Mother, Father and Child Cohort Study en Norvège.
À retenir

Dans cette cohorte, le multilinguisme était associé à des difficultés attentionnelles davantage rapportées par les parents, mais pas à une fréquence différente de diagnostic de TDAH, tandis que certains résultats suggèrent de possibles inégalités de diagnostic.