À partir du programme américain All of Us, les auteurs ont étudié une vaste cohorte nationale . L’analyse portait sur 1 998 adultes avec une amblyopie, dont 663 avec strabisme et 1 335 sans strabisme. Les groupes témoins ont été appariés selon l’âge, le sexe, l’origine déclarée, le revenu et le recours aux soins afin de rendre les comparaisons plus homogènes.

L’amblyopie présentait des associations avec plusieurs troubles . Les probabilités de cécité bilatérale étaient près de trois fois plus élevées. Des associations plus modestes apparaissaient avec l’obésité et le diabète de type 2, tandis que les probabilités de maladie cardiovasculaire étaient presque doublées par rapport aux témoins appariés.

Les données d’activité issues de Fitbit, disponibles pour 187 participants avec amblyopie, indiquaient moins de pas chaque jour , avec une moyenne de 5 859 contre 6 229 chez les témoins. Plusieurs diagnostics neuropsychiatriques étaient aussi plus fréquents, notamment l’anxiété généralisée, les troubles liés à l’usage de substances, le trouble bipolaire, le TDAH, le trouble obsessionnel compulsif et l’autisme. Aucune association n’a été observée avec la schizophrénie.

Ces résultats ne prouvent aucun lien causal . L’étude étant transversale, elle ne permet pas de déterminer si la déficience visuelle contribue à ces différences de santé ou si des facteurs de risque communs les expliquent. Les auteurs appellent à poursuivre les recherches sur les voies neurodéveloppementales pouvant relier l’amblyopie à ces comorbidités.

L’étude en bref

Type d’étude
Étude transversale fondée sur les dossiers médicaux électroniques, des questionnaires et des données Fitbit du programme All of Us, avec témoins appariés par score de propension.
Population
1 998 adultes avec amblyopie, dont 1 335 sans strabisme et 663 avec strabisme. Parmi eux, 187 disposaient de données Fitbit. Les témoins ont été appariés selon un ratio de 10 pour 1.
À retenir

Chez les adultes étudiés, l’amblyopie était associée à plusieurs troubles visuels, cardiométaboliques et neuropsychiatriques, sans que cette étude transversale puisse établir de causalité.