Les caractéristiques menstruelles pourraient renseigner sur la santé mentale au début de l’adolescence. Dans les données de l’étude ABCD, plusieurs d’entre elles étaient associées à plus de symptômes psychiatriques , notamment dépressifs, anxieux ou liés au TDAH. Des premières règles plus précoces étaient spécifiquement associées à davantage de symptômes dépressifs, mais ce lien s’atténuait après ajustement sur l’indice de masse corporelle.

Les chercheurs ont analysé 17 567 observations après les premières règles, recueillies auprès de 5 678 participantes sur sept vagues d’évaluation répétée . Leurs modèles tenaient compte du site, de la famille et de la participante. Ils ont aussi étudié l’âge gynécologique, soit le temps écoulé depuis les premières règles. Une durée plus longue était associée à des scores dépressifs plus élevés, indépendamment de l’âge chronologique et du moment de la puberté.

Chez les adolescentes dont les cycles étaient établis depuis au moins deux ans, l’irrégularité était associée à plus de symptômes dépressifs et anxieux. Son association avec les symptômes du TDAH ne persistait pas après ajustement sur l’indice de masse corporelle. Les cycles longs étaient associés uniquement à l’anxiété. En revanche, la douleur menstruelle sévère et l’intensité des symptômes prémenstruels suivaient une relation graduelle avec la dépression, l’anxiété et le TDAH, y compris après cet ajustement.

Les liens entre cycles irréguliers et dépression, ainsi qu’entre cycles longs, dépression et anxiété, devenaient plus marqués avec le temps depuis les premières règles. Ceux concernant la douleur et les symptômes prémenstruels restaient stables pendant la période étudiée. L’étude décrit des associations, non des causes . Les auteurs estiment que des symptômes menstruels importants peuvent justifier d’évaluer aussi le bien-être émotionnel.

L’étude en bref

Type d’étude
Analyse observationnelle longitudinale de données recueillies lors de sept vagues, avec modèles linéaires à effets mixtes.
Population
5 678 participantes de sexe féminin biologique de l’étude ABCD, représentant 17 567 observations après les premières règles.
À retenir

Certaines caractéristiques menstruelles, surtout les douleurs sévères et les symptômes prémenstruels, étaient associées à davantage de symptômes dépressifs, anxieux et de TDAH, sans que l’étude permette d’établir un lien causal.